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Étienne Moulinié (1599-1676)
Étienne Moulinié est certainement l’un des compositeurs les plus importants de la première moitié du XVIIe siècle. Familier de Gaston d’Orléans, il fut l’un des grands maîtres de l’air de cour et un compositeur de musique religieuse de toute première importance. La Monumentale Moulinié comprendra à terme trois volumes : le premier est paru en 1996 ; il rassemble les Meslanges de sujets chrestiens publiés chez Jacques Sanlecque en 1658 et les deux pièces manuscrites copiées dans le Recueil Deslauriers de la Bibliothèque nationale de France. Ce sont des pièces en latin ou en français (dont le célèbre Cantique de Moyse sur un texte d’Antoine Godeau) écrites avant 1650. Les Meslanges sont l’une des très rares éditions de l’éditeur parisien Sanlecque, le grand rival des Ballard. Le très gros recueil des airs de cour est actuellement en préparation. Il comprendra tout à la fois les airs polyphoniques et les monodiques. Le dernier recueil sera consacré à la Messe des morts .
Henry Du Mont (1610-1684)
L’édition monumentale des œuvres de Du Mont est l’une des plus avancées des Monumentales. Outre l’oratorio Dialogus de anima , six des sept volumes de grands motets ont déjà paru, ainsi qu’un volume consacré aux airs spirituels et deux volumes de petits motets (il en reste deux). La publication de la musique en plain-chant est actuellement en cours de rédaction. Le succès de cette collection est tout à fait remarquable puisqu’une seconde édition des Cantica sacra (1652) revue et augmentée est en cours d’impression. L’œuvre de Du Mont présente deux grandes particularités : 1° la question des parties intermédiaires dans les grands motets qui ont probablement été ajoutées de façon posthume par un autre musicien. L’ensemble de ces œuvres ne nous est connu que sous cette forme dénaturée. L’édition monumentale s’appuie sur cet état. Toutefois, un travail complémentaire est en cours de publication, visant à restaurer l’état initial de ces pièces.
Pierre Robert (ca 1615-1699)
L’édition complète des œuvres de Pierre Robert, en six volumes, s’inscrit dans une dynamique qui vise à mieux comprendre la genèse des grands genres musicaux nationaux durant la première moitié du règne de Louis XIV. Sous-maître de la Chapelle royale entre 1663 et 1683, Robert fut, avec Veillot, Lully et Du Mont – son collègue à la Chapelle –, l’un des créateurs du motet français. Pourtant, contrairement à Du Mont, qui avait lui-même veillé à faire imprimer une bonne part de sa musique entre 1652 et 1681, Robert ne connut les honneurs de l’édition qu’en 1684 lorsque, sur l’ordre de Louis XIV, furent imprimés en parties séparées vingt-quatre de ses motets pour la Chapelle royale (un tiers de sa production estimée), publiés aujourd’hui en cinq volumes d’éditions critiques. Très probablement revus par Robert lui-même, ces Motets pour la Chapelle du Roy , à double chœur et orchestre, devinrent le répertoire de base de l’institution dès l’établissement de la cour à Versailles (1682), et s’imposent donc pour mieux cerner le lien essentiel mais encore flou entre le premier grand motet français (1663-1683) et la génération postérieure (Lalande, Colasse, Minoret). Un sixième volume de « Mélanges » réunit le reste de l’œuvre du compositeur, pour l’essentiel encore à l’état manuscrit : deux motets de chapelle à 8 voix, qui témoignent de l’art de celui qui fut aussi maître des cathédrales de Chartres, de Senlis puis de Paris, et qui préfigurent les œuvres que le compositeur allait concevoir pour la Cour ; onze élévations (ou petits motets), qui furent conçues pour la Chapelle parallèlement aux motets à deux chœurs ; enfin, trois hymnes en plain-chant composées à la fin des années 1670 sur des textes de Santeul dans le cadre des réformes liturgiques initiées par le diocèse de Paris, témoignent de la grande notoriété d’un compositeur injustement méconnu, tout à la fois respectueux des grandes traditions françaises mais également très audacieux dans ses recherches mélodiques, harmoniques et rythmiques.
Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)
L’édition de l’œuvre de Charpentier constitue l’une des priorités de l’Atelier d’études. En effet, l’œuvre de ce compositeur est conservée pour l’essentiel en manuscrits autographes conservés à la Bibliothèque nationale de France et publiés en fac-similés aux éditions Minkoff-France. Ces manuscrits posent divers problèmes pour l’interprétation (lecture, compréhension de la source…). À ce jour, sont parus l’intégrale des onze messes vocales (4 vol.), huit histoires sacrées (4 vol.), quatre grands motets (1 vol.). L’intégrale des petits motets (environ 300 pièces couvrant six gros volumes) est en cours. Le premier volume des motets à une et deux voix a été publié en 2009.
Sébastien de Brossard (1655-1730)
La Monumentale est dans sa phase d’achèvement : l’ensemble de l’œuvre manuscrit est déjà publié (grands motets, petits motets, musique instrumentale, oratorios, cantates). Il ne reste qu’un volume de musique dramatique (en cours de réalisation). De plus quelques volumes concernant les arrangements que Brossard a fait de certaines œuvres sont déjà publiés hors collection : il s’agit notamment de la Missa Ave Senior Stephane de Menault, d’un motet de Jacques Fargeonnel et de la Missa concertata de Fiocco. La Monumentale se poursuivra dans les années à venir par la publication des airs et celle des petits motets imprimés.
Henry Desmarest (1661-1741)
La publication de l’œuvre dans la Monumentale Desmarest est très avancée (5 volumes parus) : un volume de divertissements, un volume pour la Messe à deux chœurs , deux volumes de grands motets et un autre en préparation, la tragédie lyrique Didon publiée, Vénus & Adonis presque achevée, Renaud en cours de réalisation. L’édition des œuvres de Desmarest est relativement complexe 1° par le fait qu’il s’agit pour la plupart d’œuvres de grandes dimensions ; 2° par le fait qu’une grande quantité de pièces nous est parvenue de manière incomplète, c’est-à-dire sans les parties intermédiaires de l’orchestre, voire pour certains ballets, sans les parties intermédiaires de chœurs.