Hypermnestre

Tragédie en musique en un prologue et cinq actes
Créée à l’Académie royale de musique à Paris le 3 novembre 1716

Musique de Charles-Hubert Gervais (1671-1744)
Livret de Joseph de La Font (1686-1725)

Totalement oubliée aujourd’hui, la tragédie lyrique Hypermnestre (1716) de Gervais est l’un des plus grands succès de l’Opéra de Paris au XVIIIème siècle : en l’espace de 50 ans, elle a été reprise cinq fois (1717, 1728, 1746, 1765 et 1766), ce qui en fait l’un des opéras les plus joués aux côtés de ceux de Lully et Rameau : une intrigue resserrée, un drame sombre et une partition théâtrale et contrastée assurèrent ce succès. Proche du régent Philippe d’Orléans, Gervais est l’un de ces compositeurs français inspirés par les « Goûts réunis » visant à mêler style français et style italien. Sous-Maître de la Musique de la Chapelle du roi à partir de 1722 et connu comme compositeur de musique sacrée, il signe également pour l’Académie royale de musique deux tragédies, Méduse et Hypermnestre, et un ballet, Les Amours de Protée. Seul Hypermnestre s’inscrit durablement au répertoire. C’est incontestablement l’une des meilleures tragédies lyriques de l’époque qui sépare la mort de Lully (1687) de l’avènement de Rameau (1733). Le livret est particulièrement intense, centré autour de trois personnages, une théâtralité très efficace, et une excellente versification. Quant à la musique, elle révèle un grand savoir-faire et un style très personnel. Gervais se démarque des autres successeurs de Lully par son goût pour les harmonies complexes, pour les ruptures théâtrales brusques, pour les mélodies saillantes et pour la virtuosité vocale et instrumentale. La résurrection de cette oeuvre, après 250 ans d’oubli, a nécessité un travail de recherche, d’édition et de réécriture complexe, dans la mesure où la partition n’a survécu que de manière lacunaire. Le chef hongrois György Vashegyi, à la tête de son orchestre et de son chœur, dirigera une distribution brillante pour recréer Hypermnestre dans les meilleures conditions.

György Vashegyi, direction musicale

Katherine Watson*, Hypermnestre
Mathias Vidal*, Lyncée
Thomas Dolié*, Danaüs
Juliette Mars, Isis, une Matelotte
Chantal Santon-Jeffery*, une Égyptienne, une Naïade, une Argienne, une Coryphée, une Bergère
Manuel Nunez-Camelino, un Égyptien, le Grand-Prêtre d’Isis, un Coryphée, un Berger
Philippe-Nicolas Martin*, le Nil, Arcas, l’Ombre de Gélanor
*chanteurs en résidence au CMBV

Purcell Choir
Orfeo Orchestra

Recréation
Version de concert
3h avec entracte

Coproduction Centre de musique baroque de Versailles | Palace of Arts | Orfeo Music Foundation Budapest
Avec le soutien de l’Institut Français à Budapest
Partition éditée par le CMBV
Ce programme fait l’objet d’un enregistrement pour le label Glossa

HONGRIE - Budapest - Palace of Arts
mardi 18 septembre 2018

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