Repenser la Musique en France à l’époque baroque

Colloque international organisé par l’Institut de Recherche en Musicologie (IReMus - CNRS, Sorbonne Université, Bibliothèque nationale de France, Ministère de la Culture), le Centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV, pôle recherche, équipe du CESR - CNRS, Univeristé de Tours, Ministère de la Culture) et la Fondation Royaumont.

Comité d’organisation : Cécile Davy-Rigaux (CNRS - IReMus), Laurence Decobert (BnF - IReMus), Théodora Psychoyou (Sorbonne Université - IReMus), Sylvain Caron (Université de Montréal), Solveig Serre (CNRS-CESR/CMBV), Julien Charbey (CMBV), Thomas Vernet (Fondation Royaumont).

Comité scientifique : Mario Armellini (Univ. Rouen), Margaret Butler (Univ. of Florida), Michele Calella (Univ. Wien), Don Fader (Univ. of Alabama), Thierry Favier (Univ. Poitiers), Catherine Gordon-Seifert (Providence College, Rhode Island), Denis Herlin (CNRS - IReMus), Thomas Leconte (CMBV), Raphaëlle Legrand (Sorbonne Université - IReMus), Arnaldo Morelli (Univ. Aquila), Davitt Moroney (Univ. Berkeley), Lois Rosow (Ohio State University), Louise Stein (Univ. of Michigan), Shirley Thompson (Univ. Birmingham), Alvaro Torrente (Univ. Complutense Madrid).

Depuis la parution du livre de James Anthony sur la musique baroque française en 1974, les recherches sur la musique jouée et composée en France durant l’époque baroque se sont enrichies de nombreuses connaissances et de nouvelles approches. Ce renouveau dans la recherche a été accompagné, en France, par l’implication forte d’institutions qui ont favorisé les échanges entre musiciens et chercheurs (Centre de Musique Baroque de Versailles, Institut de Recherche sur le Patrimoine Musical en France – devenu Institut de Recherche en Musicologie (IReMus) – Fondation Royaumont, Centre culturel de rencontre d’Ambronay, entre autres). Et pourtant, on constate que les études sur la musique française n’ont pas une visibilité analogue à celles des musiques allemandes et italiennes.
Le 350e anniversaire de la naissance de François Couperin en 2018 offre aux chercheurs et aux interprètes une occasion de réévaluer les travaux antérieurs, et de mener une réflexion plus large sur les perspectives de recherche sur la musique des XVIIe et XVIIIe siècles en France. En écho aux Goûts réunis et aux Nations de Couperin, ces réflexions concerneront un périmètre géographique élargi aux échanges internationaux et permettront de dégager de nouvelles pistes pour l’avancée des connaissances.
Le présent colloque souhaite regrouper les communications autour de huit grands axes qui orientent ces nouvelles approches :
1. Historiographie – Depuis la seconde moitié du XIXe siècle, nombre de biographies, articles de revue, livres d’histoire de la musique et éditions musicales ont façonné l’image de la musique baroque en France. Quels regards critiques pouvons-nous porter aujourd’hui sur ces productions ?
2. Approches culturelles – En rupture avec l’histoire traditionnelle, sous l’influence de la New musicology, les Cultural studies ont ouvert de nouveaux champs d’investigation et d’étude : lieux de sociabilité, études de genre, modalités d’écoute, etc. Plus généralement, ce renouvellement des points de vue s’est étendu à d’autres domaines tels que les cultures de cours et mécénats, les études de corpus, etc.
3. Transferts culturels – Les Nations et Les Goûts réunis de Couperin représentent deux approches de cette problématique emblématique de l’époque. Dans l’historiographie, cette revendication des styles nationaux a soulevé la question du rapport entre nationalisme et internationalisme. Cette approche pourrait-elle être enrichie par la perspective des études Crosscurrents ?
4. Performance studies & practice – Avec le développement des performance studies, le jeu de l’interprète devient un objet d’étude, documenté par des enregistrements qui s’étendent maintenant sur plus d’un siècle. Comment croiser leur écoute avec les différentes représentations que l’on se fait d’un compositeur ? Comment a évolué l’expression de la musique baroque française au fil des générations d’interprètes ?
5. Pédagogie de la musique – Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, les traités et méthodes se sont multipliés à destination de publics variés. Aujourd’hui, quels usages peut-on faire de ces ouvrages et plus généralement de toutes les sources relatives à l’enseignement musical dans les contextes de la pédagogie des musiques historiquement informées ?
6. Analyse musicale – L’analyse de la musique ancienne tente actuellement de se renouveler, notamment à travers la prise en compte fine des données théoriques de l’époque, ou par l’application de schémas conceptuels contemporains, qui sont autant d’approches susceptibles de se croiser, particulièrement dans le cadre des humanités numériques.
7. Innovations techniques – Comment l’appréhension des sciences et des techniques à l’époque entre-t-elle en résonance avec le renouvellement des connaissances actuelles dans les domaines de l’acoustique des salles, de la facture instrumentale, de l’édition musicale, etc. ?
8. Médiation et diffusion – Comment la musique baroque française est-elle véhiculée par les différents médias (radio, TV, ciné¬ma, notices de disques, presse, internet, programmes de concerts, mises en scène…) et comment son image a-t-elle évolué ?

 

Inscriptions : https://rethinking.sciencesconf.org
Programme : http://www.iremus.cnrs.fr/sites/default/files/programme_rethinking_6.pdf

Paris - Institut National d'Histoire de l'Art
mercredi 20 juin 2018
Versailles - CMBV
jeudi 21 juin 2018
Abbaye de Royaumont
vendredi 22, samedi 23 juin 2018

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