L’objectif de cet atelier est de permettre un dialogue entre spécialistes de différentes disciplines autour de documents de la période dite moderne qui portent sur la mythologie ou comprennent des références mythologiques. On voudrait ainsi interroger les pratiques herméneutiques actuelles et les mettre en regard des habitudes mentales des hommes du XVIIe siècle. Quelle approche des objets mythologiques aujourd’hui et alors ? Il s’agira de montrer concrètement quelles questions ces objets posent à la recherche actuelle et quels outils nous forgeons pour y répondre.

On éloignera au départ la notion de mythe, qui suppose souvent une forme d’autonomie de l’objet et tend à lui prêter un statut particulier, pour partir des œuvres elles-mêmes sans préjuger de leur statut. De même, tout en reconnaissant leur fécondité, nous voudrions éviter les approches thématique, intertextuelle et poïétique: il s’agira d’interroger la place du matériau mythologique dans la culture de la période moderne et de questionner les conditions de sa réception. On examinera donc cette culture de manière large, en tenant compte des œuvres d’art et d’érudition, des genres spectaculaires, des outils pédagogiques, compilations et répertoires, des élaborations théoriques et des usages rhétoriques de la référence mythologique dans les différents domaines de la pensée.

S’il existe des corpus mythologiques , bien souvent la mythologie s’insère dans des systèmes dont elle n’est qu’un élément parmi d’autres. Ce sont ces systèmes que nous voudrions interroger, car ce sont eux qui font de la mythologie antique un matériau adéquat pour des usages divers – artistiques, rhétoriques, politiques, philosophiques. Les catégories rhétoriques, la « philosophie des images » (P. Ménestrier), les concepts historiographiques, de même que la position de l’Église post-tridentine face au paganisme ont contribué à former le cadre de la réception de la mythologie en programmant de possibles recompositions. Ces opérations ont pu correspondre à des régimes d’historicité variés: dans quelle mesure et à quels moment la référence mythologique est-elle sentie comme une référence à un passé antique ?

L’atelier sera ainsi structuré autour de deux interrogations principales : de quels outils avons-nous besoin aujourd’hui pour lire les œuvres mythologiques au plus près de ce qu’elles ont pu signifier ; et quel peut être l’apport de chaque discipline à cette entreprise ?

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