Musique et musiciens d’Église autour de 1790 en Dordogne, en Oise et en Essonne : les nouvelles publications Muséfrem

Ces trois départements présentent des caractéristiques très différentes : entre ruralité, influence parisienne et diocèses prestigieux, la réalité musicale s’y trouve très contrastée. Quelques 550 nouveaux musiciens sortent des archives pour faire revivre le maillage musical des églises et des chapitres de France.

Le programme Muséfrem dresse peu à peu une carte complète de la musique sacrée en France à la fin du XVIIIe siècle grâce à des archives exceptionnelles. À la suite de la suppression des chapitres et des abbayes en 1790, dans toute la France les musiciens d’Église retracent leurs parcours pour obtenir un secours. Le traitement de ces documents offre, pour la première fois, une vision globale de l’organisation de la musique d’Église et du métier de musicien sous l’Ancien Régime. Cette enquête est publiée département par département sur le portail des ressources numériques scientifiques du Centre de musique baroque de Versailles : Philidor.

Aujourd’hui, l’équipe Muséfrem ajoute trois nouveaux départements à la consultation. L’Oise, publiée par François Caillou, Thomas D’Hour et Isabelle Langlois entretient une musique d’église exceptionnelle avec plus de 350 musiciens (215 actifs en 1790) qui font résonner plus de 80 lieux de culte, dominés par la cathédrale de Beauvais dans laquelle quelques grands noms ont exercé leurs talents. L’Essonne, publiée par Christophe Maillard, est un lieu de passage sous influence parisienne depuis le XVIIIe siècle, partagé entre les diocèses de Paris et de Sens ; un petit territoire où plus de 150 musiciens ou chantres ont été retrouvés. Et enfin la Dordogne, publiée par Alain Blanchard, est un vaste département rural assez pauvre qui coïncide à peu près à l’ancien Périgord, où l’on dénombre une petite cinquantaine de musiciens répartis dans une dizaine de lieux de musique.

 

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